
Politique de promotion des attitudes saines sur les plans alimentaire et physique du Gouvernement de la CFWB
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Je suis :
Les parents que nous sommes aujourd’hui se souviennent d’un temps où leurs parents venaient une fois l’an à l’école pour assister au spectacle de fin d’année et recevoir les bulletins.
Si les parents étaient appelés en cours d’année par l’école, c’était mauvais signe, signe que leurs enfants avaient mal travaillé, et donc signe que ceux-ci allaient être puni, doublement c’est-à-dire une fois par leur instituteur et une fois à la maison par les parents. La valeur véhiculée par nos parents et renforcée par l’école était : pour réussir sa vie, il faut travailler.
De nos jours, nos valeurs pour les enfants ont bien changé, nous voulons toujours que nos enfants réussissent leur vie mais pensons que, pour qu’ils soient heureux ils doivent être bien dans leur peau.
Nous désirons avoir une relation sereine basée sur l’échange et le plaisir avec nos enfants, et non pas basée sur l’autorité et le devoir : normes traditionnelles qui permettent pourtant à l’enfant de relativiser voire de contester l’opinion de l’adulte au nom de son propre bien-être et de sa propre différence.
Nous avons, dans le même ordre d’idée, un discours paradoxal envers l’école, dont nous attendons qu’elle forme et socialise les enfants (exigence d’ordre et de discipline) mais nous craignons qu’elle ne heurte le bien-être de notre enfant (contestation des devoirs, des punitions). Poussés par une société basée sur la réussite, nous exigeons le meilleur pour nos enfants : « pourvu qu’il réussisse, qu’il ait un beau métier, qu’il s’en sorte ... » Et pour mettre le plus de chances de notre côté, nous avons bien souvent des attentes excessives envers les institutions extérieures à la famille (mouvements de jeunesse, écoles, activités parascolaires).
Eric Van der Aa, instituteur en 3e et 4e années de l’enseignement fondamental à l’école Clair-Vivre (Evere) : « Les relations parents -école sont parfois très dures mais je pense que si elles sont de plus en plus difficiles, c’est parce qu’elles sont de plus en plus importantes et nécessaires (... ) L’angoisse des parents par rapport à tel problème scolaire, familial, relationnel doit recevoir une réponse au moins partielle (...) Chez nous, deux semaines après la rentrée des classes, tous les parents sont invités à l’école. Je dis clairement aux parents qu’ils peuvent venir me trouver chaque fois qu’ils le souhaitent, en prenant rendez-vous. Et un rapport de la réunion est envoyé à tous, y compris aux absents (... ) Beaucoup d’enseignants ont peur de se faire envahir par les parents mais, s’ils arrivent à mettre des limites avec leurs élèves, ils devraient être capable d’en mettre aussi avec les parents. Il n’y a plus entre l’école et la famille le fossé d’antan ; l’enjeu est de rétablir des relations humaines entre elles. Et l’enfant doit être placé au centre des problèmes : tant les parents que les enseignants veulent l’aider à grandir. »
Hira Laci, secrétaire générale de la Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel, demande que tous les parents soient invités à une réunion dès le début de l’année, dans toutes les écoles, à tous les niveaux : « pour leur expliquer comment l’école va être organisée, quels sont les objectifs d’apprentissage, ce que l’école attend des parents pour soutenir les enfants dans leur scolarité, ce que les parents peuvent à leur tour attendre de l’école, etc. Ce type d’initiative se met peu à peu en place, mais reste marginal. Les réunions qui ont lieu après la remise des bulletins n’ont pas le même sens ; les parents y viennent pour être félicités ou réprimandés des résultats de leur enfant ; beaucoup sont inquiets. Surtout ceux qui ont connu eux-mêmes l’échec scolaire et puis il y a tous ceux pour qui la priorité est d’avoir à manger et un toit sur leur tête. Pour ceux-là, l’école et la santé passent en second plan ».
Martine Van Der Stukken au centre de Santé d’Ixelles : « Il faut saisir toutes les occasions d’entrer en contact avec les parents. Une meilleure connaissance des différentes cultures est aussi un facteur important. À Ixelles, nous collaborons avec le centre de guidance pour enfants et l’asbl Episode qui travaille sur l’accrochage scolaire. Nous organisons aussi des goûters pour la Noël, la fête des mères. Dans deux écoles, il y a une réunion hebdomadaire le café des mamans, ce sont des occasions d’échanges avec les parents ».
- septembre 2007 -