Politique de promotion des attitudes saines sur les plans alimentaire et physique du Gouvernement de la CFWB
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Au Québec : Le « Programme de promotion des saines habitudes de vie »

Au Canada, et plus spécifiquement au Québec, le gouvernement local a lancé en novembre 2004 un vaste programme de « promotion des saines habitudes de vie ». Comme ses « cousins » belges et français, ce programme vise, grosso modo, à promouvoir les bonnes habitudes tant en matière d’alimentation que d’exercice physique. Ses principaux objectifs sont :

  Favoriser l’intégration au quotidien d’au moins 30 minutes d’activités physiques.
  Soutenir les milieux scolaire et municipal ainsi que les entreprises qui mettent en place les environnements favorables à l’activité physique.
  Favoriser l’adoption d’un comportement visant à l’intégration de la consommation quotidienne d’au moins cinq portions de fruits et légumes.
  Faire connaître la gamme de fruits et légumes du Québec accessibles et disponibles sur le marché.
  Favoriser de bonnes pratiques de manipulation des aliments pour conserver la salubrité des produits alimentaires.

Pour le gouvernement québécois, la promotion d’habitudes de vie saines doit reposer sur un partenariat entre plusieurs acteurs, particulièrement ceux des milieux associatif, éducatif et municipal, mais également ceux des milieux institutionnel et privé, notamment les responsables en matière de sports et de loisirs, d’éducation, de santé et des services sociaux. Comme les habitudes de vie s’acquièrent tôt et que le milieu familial est déterminant à cet égard, trois milieux d’intervention sont préconisés de manière à toucher en priorité la famille et les jeunes :

  L’environnement municipal, dans la mesure où il constitue le milieu de vie commun à toutes les familles. C’est là, selon le programme, que doivent se développer et se multiplier des occasions de pratique d’activités physiques et que l’accessibilité aux aliments sains doit être favorisée.
  L’environnement scolaire, puisqu’il est le milieu de vie quotidien des jeunes et un canal privilégié pour établir un lien avec les familles.
  L’environnement de travail, qui constitue un milieu clé pour réaliser des activités de sensibilisation et de promotion de la santé. Pour le gouvernement québécois, il faut faire en sorte que ce milieu présente un contexte favorable à l’adoption et au maintien d’habitudes alimentaires saines et d’un mode de vie physiquement actif.

S’agissant des moyens de mise en œuvre du programme , trois grands axes sont privilégiés :

  Un vaste programme de promotion sur trois ans (15 novembre 2004 - 15 novembre 2007) d’incitation de la population à développer une attitude positive à l’égard de la pratique d’activités physiques et d’une alimentation saine.
  La création d’un « Réseau-Activités » développé avec les partenaires du programme. Ce réseau est présent lors des grands festivals et événements afin de mieux faire connaître les activités qui s’offrent à ceux qui souhaitent bouger plus et manger mieux. Les initiatives des partenaires font l’objet de publicités et le calendrier des activités et événements est dynamique, c’est-à-dire constamment mis à jour et enrichi.
  Des partenariats et des alliances avec des municipalités, des entreprises, des médias et des institutions sont développés pour augmenter le budget de communication ou d’activités ainsi que pour obtenir des appuis, le but étant de créer des « occasions supplémentaires ».

Dans le sillage de ce programme, un groupe d’étude a présenté en septembre 2005 au ministre de la santé et des services sociaux québécois un rapport intitulé « L’amélioration des saines habitudes de vie chez les jeunes ». Ce document souligne l’urgence d’une intervention des pouvoirs publics à court, moyen et long terme pour enrayer « l’épidémie d’ obésité ». Pour ses auteurs, les interventions requises doivent être réalisées sous l’angle de la problématique du poids dans son ensemble (embonpoint, obésité et préoccupation excessive à l’égard du poids) et mises en œuvre avec un souci éthique pour éviter toute forme de discrimination et de stigmatisation. Le rapport note que les familles jouent un rôle primordial dans le soutien des mesures mises en place concernant les jeunes, et qu’il est nécessaire d’agir tôt au cours du développement de la personne pour atteindre des résultats à long terme. Les auteurs du texte font par ailleurs valoir qu’il est impératif que les actions portent sur l’ensemble des déterminants de santé (individuels, environnementaux, socio-économiques), qu’elles soient véhiculées et mises en place par différents milieux et soutenues par de grandes orientations gouvernementales ainsi que par un financement adéquat.

Le rapport en appelle ensuite à la volonté politique des plus hauts niveaux décisionnels. Il demande au gouvernement de faire du « développement des jeunes en santé au Québec » une réelle priorité, notamment en mettant en place une instance ministérielle décisionnelle relevant du premier ministre, laquelle coordonnerait une stratégie nationale, les orientations, les politiques, les programmes et les budgets. Il faut aussi, souligne le groupe de travail, que la préoccupation quant à la promotion et à la prévention en matière de santé soit élargie à l’ensemble de la population, notamment aux milieux défavorisés. De fait, c’est la mise en place d’une véritable politique québécoise de l’alimentation qui est revendiquée. S’agissant de son financement, les auteurs du rapport souhaitent que le gouvernement s’engage de façon significative pour permettre la réalisation des actions proposées. Outre les pistes classiques, il préconise, par exemple, d’accorder des avantages fiscaux aux épiceries et producteurs qui offrent des produits sains aux établissements scolaires ainsi qu’à tout lieu offrant des activités pour les jeunes et les familles ; ou encore de définir une politique d’avantage fiscaux pour les ménages dont les membres s’inscrivent à des activités sportives.

« L’amélioration des saines habitudes de vie chez les jeunes » insiste aussi sur la nécessité de mener des campagnes médiatiques à destination des jeunes et de l’ensemble de la population : campagnes visant par exemple à valoriser l’activité physique et l’alimentation saine au quotidien, à sensibiliser la population aux modes de transport actif (vélo, marche), à éduquer la population en matière de choix et de préparation des aliments...

Enfin, qu’il s’agisse d’alimentation ou d’exercice physique, les auteurs du rapport estiment que les actions envisagées doivent prioritairement s’exercer au niveau des services de garde (crèches, écoles maternelles), des établissements scolaires et des municipalités. En outre, concernant l’alimentation, il est préconisé de sensibiliser les acteurs du secteur agro-alimentaire à la politique en alimentation et de les mobiliser en vue de les inciter à promouvoir des habitudes saines dans ce domaine. Dans la même perspective, il est recommandé de multiplier les initiatives visant à favoriser le contact entre les consommateurs et les producteurs alimentaires (exemples : établissement de marchés publics, distribution de paniers agricoles, etc.).

article paru en avril 2006

- avril 2006 -