Mobilité active : l’une des solutions pour prendre soin de nous et de la planète

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Dans nos journées toujours bien chargées, il peut sembler difficile d’intégrer l’activité physique quotidienne. Pourtant bouger et réaliser quelques mouvements de plus chaque jour pourrait être plus simple que ce que nous pensons. Notamment si nos trajets nous aidaient à être plus actifs au quotidien ! Nos déplacements pourraient alors devenir l’une de nos activités physiques régulières et nous aideraient à prendre soin de notre santé et de notre environnement.

Un manque d’activité physique généralisé

L’OMS rappelle que pour les adultes, l’activité physique contribue à la prévention et à la prise en charge de maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer et le diabète, réduit les symptômes de dépression et d’anxiété, améliore la santé du cerveau et peut accroître le bien-être général4.

Nos modes de vie modernes ont modifié nos possibilités de mouvements quotidiens  : véhicules motorisés, postures assises prolongées pendant des heures, au travail, à l’école ou pendant nos loisirs avec les écrans et la TV notamment. Or interrompre sa position assise après 30 minutes, pour une marche de 5 minutes contribue à améliorer notre santé5.

Les résultats de l’enquête de consommation alimentaire 2022-2023 de Sciensano6 montrent que 7 enfants sur 10 en Belgique ne bougent pas suffisamment et n’atteignent pas les recommandations en matière d’activité physique. Chez les adolescents, 8 sur 10 ne font pas assez d’activité physique.

Les adultes aussi devraient être en mouvement régulièrement, notamment les 18-39 ans dont quasiment 1 personne sur 3 n’atteint pas les recommandations. Nous devrions donc tous essayer de bouger davantage et de moins passer de temps assis ou allongés. Selon l’OMS, le manque d’activité physique à l’échelle mondiale devrait coûter environ 300 milliards de dollars aux systèmes de santé publique sur la période 2020-20307 ».

Pour les enfants et adolescents, l’activité physique améliore la santé osseuse, favorise une croissance, un bon développement musculaire et améliore le développement moteur et cognitif. De plus une plus forte sédentarité, c’est à dire rester assis ou allongé – hors du temps de sommeil, entraîne toute une série d’effets négatifs sur le plan de la santé.

Dans l’enquête de Sciensano, dédiée à l’activité physique et la sédentarité de la population belge8, il apparaît que seulement 17 % des adultes de 18 à 64 ans bougent grâce à leur déplacement actif et la moitié des enfants viennent à l’école via un mode de déplacement non actif : voiture, bus, etc.


Nos déplacements quotidiens sont peut-être alors, une opportunité pour augmenter le mouvement dans nos vies.

Grâce à la marche, à des trajets à vélo, en fauteuil roulant pour les personnes concernées, ou encore en nous déplaçant à rollers, en skateboard, en trottinette, ce pourrait être la manière de faire quelques mouvements supplémentaires dans nos journées parfois trop sédentaires.

Quels bénéfices à se déplacer de manière active ?

En plus de nous permettre de pratiquer une activité physique, nos déplacements actifs offrent des avantages pour la société dans son ensemble. Naturellement la qualité de l’air est améliorée, moins de pollution9 et cela limite les rejets de gaz à effets de serre à l’inverse des véhicules motorisés. Les routes sont moins congestionnées, moins bruyantes, plus sécurisantes pour les personnes du quartier, les enfants notamment. Nous pouvons également noter une réduction du stress et l’augmentation de l’interaction sociale10.

En nous déplaçant de manière active, nous participons ainsi à notre échelle aux Objectifs de Développement Durable.

Et commencer sa journée par exemple en marchant, même 10 minutes, ce n’est pas seulement arriver à destination. C’est aussi mettre son cerveau en route.

 Comme le pratiquait déjà Aristote11, la pensée s’active avec le mouvement. Les études12 ont montré que la marche stimule la créativité, la mémoire, l’attention et la vitesse de traitement de l’information13, participant ainsi à la réflexion14.

Comment favoriser nos déplacements actifs ?

Soyons honnêtes, se déplacer en marchant ou à vélo, n’est pas toujours ce que nous privilégions. Ce n’est pas par manque de volonté, il s’agit souvent d’une combinaison de raisons : praticité, temps, moyens, connaissances, capacités, habitudes, qui nous poussent à choisir le moyen le plus adéquat. Mais quelques éléments supplémentaires, pourraient nous inciter à franchir le pas et nous mettre en selle.

Voici quelques possibilités :

Nos moyens de déplacement peuvent aussi nous permettre de faire des économies, ce qui peut faciliter la mise en place de nouvelles habitudes. Naturellement nous pensons à la manière de limiter nos frais, comme réduire notre budget carburant et les coûts d’usure de notre véhicule motorisé si nous en avons un, cela nous fait réfléchir évidemment sur notre manière de nous déplacer.

Testons nos déplacements grâce à un calculateur, issu du portail de la mobilité en Wallonie qui nous donne des indications sur le coût et les émissions de gaz à effet de serre de nos modes de déplacements.

N’oublions pas que certaines aides financières peuvent nous être attribuées et appuyer nos choix, par exemple pour nous inciter à choisir les déplacements à vélo.

Comment franchir le cap et s’essayer au vélo ?

Quelques possibilités pour tester les déplacements à vélo :

Une autre source de motivation : les Challenges

Il existe aussi des défis comme le Challenge Piétons et Vélos en Wallonie en septembre, qui sont l’occasion de tester ces nouvelles habitudes.

Comment faire réparer son vélo ?

Carte interactive pour savoir où réparer nos vélos en Belgique

Que peuvent faire nos communes pour nous aider à adopter la marche ou le vélo ?

Afin de favoriser des modes de déplacements actifs, les communes et les autorités publiques ont un rôle à jouer. L’espace public se doit d’être le plus accessible possible pour toutes et tous. Cela veut dire penser les déplacements pour différents publics dont les personnes à mobilité réduite, les enfants, les seniors, ainsi que valoriser ces modes de déplacements avec des itinéraires et des aménagements précis.

Dix mesures simples et peu coûteuses, issues du réseau vélo et marche en France :

aider au développement vélo et pieton
Mesures issues du plaidoyer du réseau vélo et marche « Vers un nouveau mandat pour le vélo et la marche« , Municipales 2026 France

Circuler dans l’espace public deviendrait ainsi plus agréable et plus praticable pour les piétons et les cyclistes.

Attention toutefois, alors que certaines villes encouragent parfois l’utilisation du vélo, « tout le monde n’est pas prêt ou disposé à l’adopter », veillons ainsi à être inclusif pour toutes et tous.

Mieux comprendre les motivations et les phases de changement des habitudes15 peut aider à créer des politiques répondant au mieux aux besoins des citoyennes et citoyens. Pour certaines personnes les modes de déplacement ne sont pas toujours des choix et sont davantage subis.

De plus ancrer de nouvelles habitudes durables prend du temps et nécessite d’intégrer et d’impliquer les personnes directement concernées dans les processus de modifications des espaces publics.

La part des itinéraires combinant plusieurs modes de déplacement en un seul trajet est également à prendre en considération.

La nature source de motivation ?

Un paramètre supplémentaire à intégrer pour favoriser l’attrait ou l’aspect accueillant des déplacements à pied ou à vélo est de travailler sur la place de la nature dans la commune.

La nature favorise le bien-être mental16 et physique17, pratiquer des activités physiques dans la nature semble ainsi bénéfiques.18

Penser alors les déplacements, les aménagements et l’urbanisme en laissant attraune place à la nature dans les itinéraires à emprunter pourrait s’avérer plus attrayant et profitable pour les communes.

Pourquoi les communes devraient favoriser la marche ?

Des économies pour les communes

Inciter à la marche peut tendre à réduire au fur et à mesure la place prise par la voiture dans l’espace public. Les trottoirs et les espaces pour les piétons seraient moins coûcoteux au mètre carré que les chaussées pour véhicules motorisés dans leur construction et dans leur entretien. Les dépenses liées à la voirie tendent ainsi à diminuer. Les économies pour les communes pourraient être importantes.19

Des économies pour les ménages, davantage d’autonomie pour les enfants

Pour les foyers, une étude20 a estimé à 1,9 milliard d’euros par an les économies budgétaires liées aux baisses de dépense de carburant pour les ménages qui habitent dans une ville où la marche est facilitée.

Une autre économie concernerait les familles avec enfants21 : une ville qui se pratique à pied, permettrait d’autonomiser davantage les enfants. Les enfants ou adolescents peuvent alors se déplacer seuls plus facilement et libèrent les proches des contraintes d’accompagnement, permettant alors de gagner du temps et du carburant.


Des communes plus attractives

La ville pensée pour la marche, développe une certaine attractivité, qui favorise l’attrait pour ses commerces de proximité, par exemple pour ses marchés, ses lieux de convivialité de quartier, comme les cafés et restaurants. La marche améliorce alors également dans un second temps, les services pour les habitants et l’attrait pour d’autres activités, ou d’autres commerçants à s’y installer. Les communes peuvent alors devenir plus agréables à vivre.

La marche complémentaire de tous nos déplacements

Pour les longs trajets, pour aller plus vite, pour pouvoir transporter des personnes, ou des objets lourds ou volumineux, pour rejoindre certains endroits, les véhicules motorisés peuvent se présenter comme le moyen le plus simple de mobilité. N’oublions pas toutefois que même si nos déplacement se font en voiture, ou en transport en commun, nous ajoutons de la marche à nos trajets. Cette marche qui finalise ou complète nos déplacements n’est pas toujours analysée et perçue comme un mode de déplacement.22

La marche peut donc être un levier pour améliorer les aménagements publics ainsi qu’un moyen pour nous de nous déplacer à pied un peu plus. Par exemple en garant notre véhicule un peu plus loin que prévu, ou en essayant de favoriser un trajet plus agréable avec un itinéraire à pied qui nous plairait davantage.

Gardons en tête, que quelques pas de plus chaque jour, sont bénéfiques pour notre santé. 15 minutes de marche rapide au quotidien semblent autant bénéfiques que 3h de marche lente23.

7 000 pas par jour24 permettent de préserver notre santé, c’est un peu moins que le chiffre jusqu’alors ancré dans l’esprit et qui était communément admis des 10 000 pas quotidiens.

Ainsi marcher 7 000 pas par jour permettrait de réduire de près de la moitié le risque de mortalité en diminuant alors les risques de maladies cardiovasculaires, de cancers et favoriserait la santé mentale.

Pour finir

Nos politiques publiques devraient nous aider à favoriser les déplacements à pied, à vélo ou tout autre moyen actif permettant des bénéfices individuels et collectifs sur la santé humaine et planétaire, mettant ainsi en valeur le concept de One Health25. N’oublions pas que ces moyens de nous déplacer intègrent aussi d’autres atouts intéressants pour nos communes, nos lieux de vie et peuvent à court et moyen terme nous aider, ainsi que nos enfants et adolescents à bouger plus.

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